Durant ces dernières années, après la sortie de la guerre (contexte de « post-conflit »), le Burundi s’est engagé dans un processus de réconciliation nationale et de reconstruction démocratique afin de permettre un développement socio-économique à travers le pays.

Graduellement, le pays passe de ce contexte de ‘post-conflit’ à un contexte de consolidation démocratique et de développement, dans un contexte plus large de redéploiement régional, en particulier via la « East African Community » (EAC) déjà constituée autour du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie, et que le Burundi vient de rejoindre de même que le Rwanda.

Dans ces conditions, un enjeu crucial se pose : celui de la place et de la contribution des femmes burundaises (perspective de genre) au développement du pays – et particulièrement, sur le plan du système politique au sens large du terme, la place des femmes dans la société civile organisée (les très nombreuses associations de ‘terrain’, mais aussi les partis politiques), les institutions politiques (parlement, gouvernement) et les structures publiques (administration, aux différents niveaux). Certes, sur le plan politique (législation électorale), une série d’initiatives ont déjà été prises – en particulier la fixation de ‘quotas’ de genre. Cependant, au-delà d’une simple présence numérique, les femmes pèsent encore relativement peu sur les affaires publiques du pays. Comment, dès lors, contribuer à une approche intégrée du genre (« gender mainstreaming ») permettant la prise en compte transversale et systématique des rapports de pouvoir entre hommes et femmes, dans tous les domaines de l’action publique ? Dans ce cadre, comment contribuer en particulier à une égalité de genre permettant aux femmes comme aux hommes de contribuer de manière active dans toutes les sphères importantes du pays – en particulier dans la société civile, dans les partis politiques et dans la structure de l’Etat ?

L’objectif de ce programme est donc, d’une part, de contribuer dans la durée à l’intégration aussi effective que possible de la dimension de genre (« gender mainstreaming ») dans la société et les institutions publiques du Burundi – avec une ouverture sur les autres pays de la région – par la formation pointue de ‘cadres’ sensibilisés à la question.

D’autre part, l’objectif est également de contribuer à une dynamique d’empowerment :

sur le plan individuel, permettre à la fois aux femmes et aux hommes d’acquérir une plus grande autonomie et des moyens leur permettant de se donner la capacité de choisir et d’agir sur leur propre vie ;
sur le plan collectif, donner à des groupes ou des organisations la capacité de mener des actions orientées vers des changements sociaux, économiques et politiques.

Ces deux objectifs se rejoignent dans le souci de renforcement de la société civile organisée et des institutions publiques au Burundi et dans la région.

Objectifs plus spécifiques ; publics cibles

Les objectifs plus spécifiques de ce programme sont :

l’offre d’une formation diplômante et ciblée valorisable en termes d’employabilité, de mobilité interne et internationale (via la reconnaissance des diplômes), et aussi de contribution à des projets concrets sur le terrain.
l’offre d’une formation adaptée au contexte burundais et, plus largement, à la région des Grands Lacs ;
l’offre d’une formation interdisciplinaire ;
l’offre d’un diplôme post-universitaire reconnu internationalement.

Le programme est destiné à deux principaux types de publics, issus du Burundi ou de pays de la région des Grands Lacs, qu’ils résident actuellement dans la région ou qu’ils envisagent d’y retourner :

tout-e étudiant-e ayant au moins le niveau licence ou équivalent, quelle que soit son orientation principale et sa discipline, qui est intéressé-e par la thématique du genre et qui veut à la fois acquérir des compétences dans ce domaine et se profiler en termes de projet professionnel ;
toute personne déjà engagée dans la vie active, qui souhaite acquérir des compétences afin de développer et de porter des projets en matière de genre. En particulier : fonctionnaires, responsables politiques, militants et cadres de partis, responsables d’organisations professionnelles, responsables et militants d’organisations de la « société civile » (organisations sociales, humanitaires, de développement, religieuses, …), responsables et militantes d’organisations féminines, journalistes, responsables économiques et entrepreneurs, …

Le programme est donc ouvert à un public diversifié, hommes et femmes, étudiant-e-s ou déjà actifs/actives, dans la sphère non-marchande ou marchande, dans et en-dehors des institutions publiques, etc.

Structure du programme et approche pédagogique

La question du genre (et des rapports de genre) est, par essence, transversale, car elle traverse toutes les dimensions de la société. Dans ce programme, les enjeux sont abordés de manière interdisciplinaire : différents champs de la science politique (l’analyse des comportements, organisations et institutions politiques, l’analyse des politiques publiques et de l’appareil de l’Etat, et les relations internationales en ce compris l’analyse des conflits) le droit (droit public, droit social, …), la sociologie, l’économie, la démographie, les études de développement, ou encore la philosophie. Le fonctionnement en cours et ateliers permet également de mettre en relation les approches disciplinaires et le « terrain ».

L’ensemble du programme prend évidemment en compte la spécificité du contexte burundais de reconstruction nationale (contexte de ‘post-conflit’ et au-delà) et, plus largement, de la région des Grands Lacs.

L’approche pédagogique consiste à développer trois types de compétences :

des compétences analytiques : capacité de diagnostic et d’analyse rigoureuse, en s’appuyant sur des outils théoriques, conceptuels et méthodologiques solides ;
des compétences pratiques : capacité d’élaborer, de diriger et de mener à bien des projets, qu’ils soient individuels ou collectifs, de résoudre des conflits sous-tendus par la dimension du genre ;
des compétences de transversalité et de sens critique : capacité de raisonner de manière intégrée et critique au sujet des questions de genre.

Une partie de ces compétences dépasse donc le strict domaine du genre – en ce sens, la formation peut également être valorisée dans d’autres types de projets.

Le programme est dès lors partagé entre des cours à visée plus théorique (mais qui développent des « théories pratiques » pouvant nourrir l’action) et des séminaires et ateliers à visée pratique. Le mémoire de fin d’études, afin que les modalités d’évaluation reflètent également cette articulation entre théorie et pratique.
4. Conditions d’admission et procédures d’inscription

Les étudiant-e-s sont admis sur base de la soumission d’un dossier individuel. Un formulaire de demande d’admission peut-être téléchargé en cliquant ici ou obtenu par e-mail sur demande à ulbugenre@gmail.com Les candidat-e-s doivent détenir un diplôme d’au moins un niveau licence ou équivalent.

Les dossiers de demande d’admission doivent être complétés et introduits au Bureau de la coordination du programme le 1er Août de chaque année. Les dossiers seront examinés au cas par cas.

Les candidats admis à l’inscription seront informés par courrier électronique. Les candidats retenus devront s’acquitter d’au moins la moitié des frais académiques.

Organisation pratiques des enseignements

Les enseignements sont, en principe, organisés entre 17h45 et 20h45, du lundi au vendredi.

Les ateliers sont organisés soit dans ces mêmes tranches horaires, soit les samedis.

Les cours y dispensés tout au long du cursus sont :

  • Introduction aux études de genre;
  • Analyse des organisations et genre;
  • Sociétés post-conflictuelles et genre;
  • Aspects juridiques et légaux de la promotion de l’égalité des genres;
  • Genre, économie et budgets sensibles au genre;
  • Méthodologie de la recherche.

Les cours, séminaires et ateliers sont échelonnés sur une année académique (12 mois), et le mémoire de fin d’études doit être complété endéans les 6 mois suivants. L’inscription au programme couvre cette durée de 18 mois maximum (3 semestres).

Ateliers

Ils rassemblent autour d’une thématique particulière : (1) l’enseignant-e d’un cours particulier ; (2) une série d’invité-e-s qui sont actifs/actives sur le terrain et qui, dès lors, disposent d’une expérience pratique ; (3) les étudiant-e-s qui suivent la formation. L’objectif est de croiser l’approche plus théorique du cours avec le regard et les expériences des acteurs de terrain. Ceci permet aussi à chaque participant-e d’enrichir son projet personnel, et en particulier son travail de fin d’études.

Mémoire de fin d’études

Le mémoire de fin d’études est personnel et est axé sur le projet personnel de l’étudiant-e. Il prend de préférence la forme d’un « mémoire-projet » qui implique une confrontation avec le terrain et suit les normes de rédaction décrites aussi bien par le cours de séminaire de recherche ainsi que par le règlement des études de Master à l’ULBU.